CÉILI Ecole de Langues

Apprendre une langue, c'est plus de plaisir que de travail!

Le « dégenrage » de la langue


Voici des extraits d'un article rédigé sur le sujet par: 
  
...  Quiconque se penche sur les pratiques de « dégenrage » de la langue constatera un manque de consensus. Faut-il s’en étonner? Pendant longtemps, les communautés de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres ont été réduites au silence, ce qui explique peut-être qu’elles en sont encore à l’étape de trouver des façons de parler de leurs expériences.


Quelques stratégies de neutralisation

1. Termes épicènes
Ne présentent pas d’alternance masculin/féminin et désignent tout aussi bien les femmes, les hommes et les personnes non binaires.
Exemples : le lectorat, le personnel, la population, les scientifiques, les élèves.

2. Formules inclusives :
Évitent l’emploi du masculin générique et emploient plutôt la féminisation inclusive, ce qui se traduit entre autres par des doublets.Reflètent tout de même une binarité masculin-féminin.
Exemples : les Canadiens et les Canadiennes, les professionel·le·s.

3. Néologismes :
Pronoms neutres
Par exemple : iel, ille, al et ol pour la 3e personne du singulier.

Articles neutres 
Par exemple : an pour un/une.

Modification des terminaisons
Par exemple : autaire pour auteur/autrice.

Mots-valises
Par exemple : frœur, pour frère/sœur.

Modification des accords
Par exemple : heureuxe pour heureux/heureuse.


Notons que, dans le contexte qui nous intéresse, le genre linguistique, qui est attribué aux objets inanimés et qui relève davantage de la convention, n’est pas pertinent et n’est pas remis en question.

Monsieur, madame ou…?

La plupart des ouvrages de référence recommandent d’abandonner les titres de civilité lorsque l’on s’adresse à une personne non binaire dans un contexte formel. À mon avis, cet exemple illustre une certaine maladresse, voire un malaise. De toute évidence, nous avons de la difficulté à adapter nos pratiques à la réalité des personnes non binaires. Si la première concession que nous acceptons de faire est de renoncer à nous adresser à elles en employant un titre de civilité, cela m’apparaît plutôt révélateur. Or, quelques solutions ont été proposées : on pourrait écrire « Mx », « mix », « mixe » ou « mondame », par exemple. La stratégie du « x », qui consiste à remplacer une terminaison genrée, est employée non seulement par les anglophones, mais aussi par les hispanophones, qui pourront se dire latinx plutôt que latino/latina.  ...